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jeu 3 avril 2025
Tradition - Les métiers d'hier
L
' Ariège a été de tous temps un département pauvre, et l'est encore. Les jeunes générations, ne pouvant vivre au pays, sont partis travailler à la ville et exercent aujourd'hui différents métiers. Certains ont suivi des études assez poussées dans les lycées à Foix, Pamiers, Saint-Girons, Mirepoix. Ils continuent des études supérieures dans les facultés de Toulouse, mais aucun ne revient au pays, seulement pour des vacances.
Beaucoup se sont installés dans la région Parisienne, ou ailleurs, mais loin de chez eux.
L
es personnes âgées vivent de leur retraite agricole. Les plus chanceux, ceux qui ont pu travailler dans les usines comme Péchiney implantées dans quelques secteurs (Auzat, Tarascon, Mercus), ou à Lavelanet (usines de textiles), perçoivent des fins de mois mieux rémunérées. La Haute-Ariège bénéficie de trois stations Thermales : Ax-les-Thermes, Ussat les bains, et Aulus les bains, et donc d'un peu de tourisme.
D
ans certaines contrées, la vie y est très rude. Autrefois, les habitants étaient obligés de partir, de faire différents métiers, d'aller à la découverte d'un nouveau monde, pour améliorer leur mode de vie qui était vraiment très précaire.
L
a vallée du Garbet, la région d'Ercé, Cominac, avait une particularité : les montreurs d'ours dont la tâche n'était pas facile : il fallait apprivoiser ces ours.
Q
uand le dressage était fin prêt, les hommes vêtus de cape et de pantalon de bure, tissés au pays, coiffés d'un large béret noir, (en patois
la Barieto
), et munis d'un gros bâton s'embarquaient en direction de l'Amérique.
Les ours portaient la muselière et étaient attachés avec de grosses chaînes en fer. Dans ce pays lointain qui était pour eux une conquête, ils faisaient danser les ours de villes en villes, et amassaient beaucoup d'argent. D'autres travaillaient comme garçons de café ou serveurs dans les restaurants.
I
ls y séjournaient plusieurs années, fiers de revenir au pays, fortunés. Quand on se rend dans la vallée du Garbet, les descendants de ces émigrants partis travailler aux Amériques, "comme ils disent", sont fiers de raconter comment leurs ancêtres ont débuté avec les ours. L'argent gagné dans cet "eldorado", a permis à cette descendance de rester au pays où prospèrent restaurants et commerces. Beaucoup ont appris l'anglais, utile pour le tourisme à la belle saison.
A Cominac, le curé protège l'entrée de l'église à l'aide de deux ours afin d'empêcher l'inventaire des objets de culte et du mobilier. Cet inventaire faisait suite à la loi sur la séparation de l'église et de l'état (1905).
D
ans d'autres villages, à la morte saison, les grands-mères (
mamettes
en patois), parcouraient plus de 100 kilomètres à pied. Les familles, nombreuses autrefois, plusieurs générations vivant sous le même toit, avaient de faibles revenus. Les
mamettes
se déplaçaient dans la plaine, de fermes en fermes, portaient sur leur dos, attaché avec une courroie en cuir un caisson en bois, (
caïcho
en patois). A l'intérieur, des médailles, des chapelets, des missels, des objets pieux, qu'elles vendaient. Les grands-mères récitaient aussi les Psaumes de la pénitence. Elles étaient très bien accueillies. On leur offrait le gîte et le couvert. Elles ramenaient du lard des haricots secs, beaucoup de victuailles, très peu d'argent. Le retour se faisait également à pied. Tout cela se passait de 1936 à 1940.
E
t puis, il y avait les grands-pères,
les pâpétes
en patois. C'est l'affectueux diminutif des grands-pères comme
les mamettes
celui des grands-mères. Quand l'hiver s'était bien installé, il n'y avait pas grand-chose à faire dans les chaumières. La neige recouvrait le paysage, les plus jeunes s'occupaient de "soigner les bêtes", quelques moutons et une ou deux vaches.
Les grands-pères quittaient l'Ariège, fin novembre, jusqu'au mois de mars. Ils se rendaient dans l'Hérault chez de grands propriétaires, tailler la vigne. Ils parcouraient près de 400 kilomètres. Cette marche durait plusieurs jours. Quand ils arrivaient, épuisés mais contents, ils étaient bien nourris, et trouvaient davantage de confort qu'ils n'avaient chez eux. La saison terminée, ils remontaient dans leur village, certains à pieds, d'autres prenaient le moyen de locomotion existant à l'époque. Ils avaient gagné un peu d'argent. Cela aidait les familles à passer le reste de l'année. Il fallait économiser pour "joindre les deux bouts".
E
nsuite, il y avait le ski dans la Haute-Ariège. Au tout début de l'hiver 1935, les jeunes, après s'être suffisamment entraîné sur les champs de neige avoisinant les villages, accomplissaient de ces randonnées qui les faisait qualifier de fous par les gens du village. Mais ils aimaient le risque, les difficultés surmontées, la joie de dominer la montagne, vaincre la neige, maîtriser la nature. C'est en faisant cela que l'on se sent des hommes, et non en restant tout l'hiver à se chauffer les pieds sur les chenets.
L'
Ariège est aussi un pays de légende, le Pic des Trois Seigneurs (2199m d'altitude), forme une pyramide. Chacune des trois faces regarde vers une vallée : Suc au Midi, Rabat au Nord et Massat au couchant. Les Anciens avaient une originalité. On racontait beaucoup d'histoires de Contes aux veillées, pigmentées par cet esprit caustique du pays, agrémentées de ces expressions patoises autour de l'âtre, assis sur les genoux du père ou du grand-père. Tandis que se consument les grosses bûches ou
Hestelles
de hêtre ou de frêne, sous le manteau de la bonne vieille cheminée, les enfants écoutaient en silence.
Rolande Bertrand-Maury
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