jeu 14 décembre 2017
 
Contes et histoires - L'omé, l'outs, le loup, la mandreto et la lebre
Traduction française en bas de page

Un cop qué i abio un omé qu'abitabo à " taôupo d'outs " amourt à la mountagno, qu'éro pendent l'uber et qué nébabo, qué fasio foc. Dins la neüt qu'entendec calcu qué trucabo à la porto. L'omé qu'ajec pöu qué nou boulia jes d'urbi, qu'éro l'outs qué trucubo :
" Nou bolipos durbi qu'en manjaros ! "
" Nou, qué li respoundec l'outs, qu'en boli calfa ! "
L'omé qué le dichec d'entra, l'outs que sé coulquet sù la placo, quéi metec à rounca.

Al cap d'uno estouno tournon tusta a la porto enb'un bastou.
" Qui ès aco, sé diec l'omé ? "
" Qué soun lé loup, deicho mé d'entra, qué frêt, qué bési qué fas foc, qu'en boli calfa ! "
Lé loup qué d'entrec, qué se coulcec arant l'outs, elho tabé qué s'adurmic.

Al cap d'uno aöutro estouno : " pan pan " a la porto.
" Qués aco ? , sé diec l'omé "

" Qué soun la mandreto, déüchomé d'entra, què frét. "
La mandreto d'entrec, qué se coulcec arant l'outs é lé loup, elho tabé qué s'adurmic. L'omé entendec calcarès qué grattabo a la porto, anec durbi. Qué frec uno poulido lébré. La lébré tabé qué sé métec al cantou endé s'escalfura.

Al cap d'un moumen tout qué se despertec, qué se gaütéguen touti amasso.
L'outs le prumiè diec à l'omé :

" Aro qué nous aü dichat calfa, qué nous cal fè un boun repaich. A uno bordo qué i a un bédel, quel baöu ana cerca. "
La mandreto sé diec :
" Dins un poulalhiè qué sabi un paréül de poulhets, l'ei baöu ana cerca ! "
Le loup diec :
" Baöu ana cerca un agnel "
Quant à la lébré, qué s'en anec dins un ort ana cerca un caoulet. Touti quatré tournèguen, qu'adun en lour présen, oc metteguen pel sol, abion frèt, sé tournon al cantou, qué s'adurmiguen.


L'omé, quand bic qué tout durmio, qué s'imaginec dé lés tua. S'anec cerca, al légnè, un pal, foutec un truc a cadun, qué estabournic tout foro la lébré, qué li foutec trop for qué mouric. Qué durbic la porto dé la cabano, qu'alhargec l'outs, lé loup, la mandro. Qués boutèc déforo, qué s'enfuguen en gémégant, nou tournéguen pas pûs. L'omé, countent, qué sé manjec le bédel, lès poullets, l'agnel et, en lé caoulet qué se fec un boun asinat en d'un pécic dé saü. Dé touto la biando qué n'ajec en dé tout l'an, qué sa pujec al masuc, qué tampec pla la porto de la cabana et qué bisquec urous.


Rolande Bertrand-Maury
 

Traduction en patois en haut de page

Il était une fois un homme qui habitait à " taoupo d'ours ", là-haut sur la montagne. C'était l'hiver et il neigeait, il faisait du feu. Dans la nuit, il entendit quelqu'un qui tapait à la porte. L'homme qui eut peur, ne voulait pas ouvrir, c'était l'ours qui frappait :
" Non, je ne veux pas ouvrir, que tu me mangerais ! "
" Non, lui répondit l'ours, je veux me chauffer ! "
L'homme le laissa entrer, l'ours se coucha sur la plaque du feu et se mit à ronfler.

Au bout d'un moment, on tape à nouveau à la porte avec un bâton.
" Qui est-ce ?, dit l'homme "
" Je suis le loup, laisse-moi entrer, j'ai froid, je vois que tu fais du feu, je veux me chauffer. "
Le loup entra, se coucha à côté de l'ours et s'endormit aussi.

Au bout d'un nouveau moment : " pan pan " à la porte.
" C'est quoi ?, dit l'homme "
" Je suis un petit renard, laisse moi entrer, j'ai froid. "
Le petit renard entra, se coucha près de l'ours et du loup, et lui aussi s'endormit.

L'homme entendit quelque chose qui grattait à la porte, il alla ouvrir. Ce fût un joli lièvre. Le lièvre se mit aussi au coin du feu pour se réchauffer.
Au bout d'un moment, tout se réveilla, ils se regardèrent tous ensemble. L'ours, le premier dit à l'homme :
" Maintenant que tu nous a laissé nous chauffer, il faut faire un bon repas. A une métairie, il y a un veau que je vais aller chercher. "
Le petit renard dit :
" Dans un poulailler, je connais une paire de poulets, je vais aller les chercher. "
Le loup dit :
" Je vais aller chercher un agneau. "
Quant au lièvre, il s'en alla dans un jardin chercher un chou. Tous les quatre revinrent, chacun avec leur présent, ils le mirent par terre, ils avaient froid, repartirent au coin du feu et ils s'endormirent.

L'homme, quand il vit que tout dormait, s'imagina de les tuer. Il alla chercher, dans la pile, un gourdin, donna un coup à chacun, les assomma tous sauf le lièvre, sur qui il tapa si fort qu'il mourût . Il ouvrit la porte de la cabane, il vida l'ours, le loup et le renard. Ils les mit dehors, ils s'enfuirent en gémissant et ne revinrent plus.
L'homme, content, mangea le veau, les poulets, l'agneau, et avec le chou, il se fit un bon " asinat " avec un peu de saindoux. De toute la viande, il en eût pour l'année, il la monta au grenier, ferma bien la porte de la cabane et vécut heureux.


Rolande Bertrand-Maury




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