ven 20 octobre 2017
historique religieux Au point de vue administratif, l'église de Sorgeat, placée sous le vocable de Saint-Just et Saint-Pasteur, dépendait comme annexe de l'archiprêtré d'Ax et était desservie par un vicaire. Elle fut réédifiée puis agrandie en 1672 par H. Dorat, archiprêtre d'Ax et du Sabartés ; puis embellie en 1680 et 1700 par ses successeurs, l'archiprêtre régaliste J.-François Moreau et l'archiprêtre J.-Etienne Dufas. Une cloche destinée à l'église de Sorgeat fut baptisée, le 23 juin 1692 à Ascou. Le parrain fut François Cauret et la marraine Marie Marty, tous deux de Sorgeat. Huit ans plus tard, l'archiprêtre J.-E. Dufas baptisa une seconde cloche qui porte le millésime 1700 et l'inscription suivante : JESUS, MARIE, JOSEPH + SANCTI JUSTE ET * PASTOR, ORATE PRO NOBIS. Son poids, calculé d'après son diamètre inférieur (0 m 70) et son épaisseur (0 m 05) est de 190 kilogrammes et sa note do.

En 1794, on descendit à Ax, sur un traîneau, d'après la réquisition du Directoire du district de Tarascon, la cloche de 1692 dont nous ignorons le poids. L'église resta donc avec une seule cloche jusqu'en 1803, époque de la restauration du culte catholique, et Sorgeat devint alors une succursale de la cure d'Ax, avec Ignaux comme annexe, jusqu'en 1845. La seconde cloche qui fut alors achetée porte l'inscription et le millésime suivants : SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM + FAITE PAR LAFFON FONDEUR A TOULOUSE, 1803. Son poids, calculé d'après son diamètre inférieur (0 m 50) et son épaisseur (0 m 04) est de 75 kilogrammes. Elle donne la note sol.
Pendant la Révolution française, la vente du mobilier de l'église de Sorgeat faite le 29 vendémiaire an II (20 octobre 1794), produisit 347 livres 10 sols, d'après le témoignage écrit de Jean Rivière, percepteur de la commune d'Ax.

Le beau retable du maître-autel, avec statuettes sculptées et devant en cuir de Cordoue repoussé et COLORié, porte en arrière la date 1700 ; son baldaquin en bois sculpté et doré, la date 1760 ; le sanctuaire et la voûte ogivale ont été rebâtis à neuf en tuf, par l'abbé Vergé, curé de Sorgeat, en 1834, plus tard curé de Saint-Quitterie, à Tarascon, et aussi, l'un des fondateurs de Notre-Dame-de-Sabart. On remarque, aux côtés du maître-autel, deux statues en bois doré de Saint-Just et Saint-Pasteur et deux anges adorateurs de date récente. Derrière le maître-autel, on peut admirer une belle et antique statue de la Vierge, en bois sculpté. L'église mesure dans son oeuvre : 29 m 40 de longueur totale, 10 m 20 de largeur au transept, 10 m 25 de hauteur et possède deux chapelles : la Sainte-Vierge et Saint-Joseph, avec de fines statues en stuc peint et doré.

Les vitraux des chapelles représentent le tableau du Rosaire. Ces vitraux ne sont malheureusement plus aujourd'hui.

Devant le porche de l'église, on remarque une croix en fer matinée, portant la date 1760. Enlevée pour être cachée pendant la tourmente révolutionnaire, à l'époque où un iconoclaste d'Ax, le triste citoyen P. Olive dit Pique-Lagale, entama d'un coup de hache le grand bénitier en marbre blanc qui existe encore et a été réparé avec du ciment ; cette croix fut remplacée en 1802. Le socle a été refait en 1846. Cette croix a été classée au titre des monuments historiques le 5 juillet 1979.
 
En 1860, l'abbé Laurent, curé de Sorgeat, fit exécuter diverses réparations à son église. Il voulut placer les fonds baptismaux dans une chapelle ; en opérant la démolition, on trouva, dans le mur avoisinant l'ancien cimetière, placé alors au devant de l'église, les squelettes et divers ossements, représentants, dit-on, d'après la tradition, les restes mortels des anciens chanoines prémontrés qui desservirent primitivement l'église de Sorgeat. Nous rappellerons que cet ordre de chanoines réguliers fut fondé en 1120 par Saint Norbert et que la principale abbaye était Prémontré, près de Laon. D'après le plus ancien registre des sépultures de la paroisse d'Ax, il existait en 1622 un cimetière à Sorgeat, tandis que Ascou, Vaychis et Ignaux, autres annexes d'Ax, n'avaient pas de cimetière propre.

Le principal legs pour obits fait à l'église de Sorgeat a été celui de Mme Albine Hirigoyen, veuve de J.-B. Martin du Breilh. Par son testament olographe du 2 février 1867, cette dame donna et légua à ladite église la somme de 5000 francs, payables deux ans après son décès (qui eut lieu le 18 août 1867), sans intérêts, à la charge de faire dire tous les ans et à perpétuité soixante messes basses à l'honoraire de 2 fr. 50 l'une. Cette somme devait être placée en rente 3 % de l'Etat français au nom de la Fabrique de l'église légataire. Les arrérages en ont été régulièrement payés par l'Etat à ladite fabrique jusqu'au jour où la loi du 9 décembre 1905, sur la Séparation des Eglises et de l'Etat a été mise en vigueur.

De 1899 à 1901, M. l'abbé Dedieu, curé de Sorgeat, a fait opérer d'importantes réparations à son église. Une somme de 5000 francs provenant d'une subvention de l'Etat, de divers legs dont un de 2000 francs a été dépensé pour ces réparations.
La fête patronale de Sorgeat (Saint-Just et Saint-Pasteur) tombait le 6 août ; elle a été renvoyée, à cause des moissons, au dimanche qui suit la foire du 14 septembre.

L'église s'effondra en 1960 sous le poids de la neige. Une vente de carte-postale comprenant un poème a permis, entre autre, sa reconstruction.


Carte postale de l'église démolie

La néou l'a despellado,
Lé boun cor l'aura récrinquado...
Appèldé Diou... E pés morts... E pés bious...
Enténdètz... Lés tin-tans dé las campanos
Bouï disén àgrandos birados
L'Espérénço é l'merci dés rudis Sorgeatés.




La neige la détruite
Le bon coeur l'a reconstruite...
Appel de Dieu... Pour les morts... et pour les vivants...
Ecoutez... Ce chant des cloches, dans le vent...
Il vient vous dire, plein de joies,
L'Espoir et le merci des rudes Sorgeatois.






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